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De nombreux participants ont choisi ce carrefour sans
avoir une idée précise de la tournure qu'il allait prendre. Cependant
chacun est venu avec une expérience personnelle de la mort d'un proche
ou encore avec beaucoup de questions sur une éventualité (mort du conjoint
ou des enfants) qui les inquiète, voire les angoisse.
L'attitude de l'entourage proche ou lointain face à la mort est très
différente dans la culture maghrébine et africaine, et la culture française.
Les musulmans sont très choqués de l'absence de manifestations de sympathie
qu'ils ressentent de la part des français, face à un deuil. Au Maghreb,
par exemple, les condoléances sont une coutume très forte. Ceux qui entretiennent
des liens très lointains avec la famille ou la personne en deuil viendront
systématiquement présenter leurs condoléances. En France, les gens, au-delà
du cercle rapproché, semblent assez indifférents. Est-ce de la pudeur
? De l'angoisse face à tout ce qui touche la mort ? Ou encore un
lien social moins fort que dans des sociétés plus traditionnelles? Dans
le monde rural français, il existait et il existe encore une solidarité
assez large face à la mort.
Beaucoup de musulmans estiment que la mort en France est un tabou. Pour
eux, elle fait partie de la vie, on en parle plus volontiers. Là-dessus,
les histoires personnelles sont très différentes, ainsi que les habitudes
familiales.
Les rites
Au delà des traditions locales, trois points importants dans les
rites musulmans : la préparation du corps du mort en vue de la mise en
terre, la prière communautaire autour du mort et l'enterrement lui même,
à même la terre, dans un simple linceul cousu. Dans l’islam, une
fois la personne décédée, elle n'appartient plus aux vivants, elle doit
retourner à son origine. A noter, l'enterrement très rapide des corps,
sans doute lié aux conditions climatiques.
Chez les chrétiens, il existe, parmi les sept sacrements, le sacrement
des malades, une onction d'huile bénie, qui symbolise l'Esprit Saint qui
donne la force et la foi pour parvenir jusqu'au bout de son existence
de croyant. Les funérailles, pour un chrétien, ont lieu à l'église et
sont organisées en lien étroit entre le prêtre et la famille. Il n'y a
pas forcément une eucharistie. L'important, à ce moment-là, c'est que
la communauté témoigne de son espérance en la vie éternelle.
Plusieurs participants envisagent avec une certaine inquiétude la mort
du conjoint ou de l'un des enfants, craignant d'être dépossédés du rite
au profit de l'une ou l'autre tradition. Il semble alors que l'existence
d'un réseau d'amis autour du couple, amis sensibles et proches de leur
démarche, puisse permettre de prendre la distance nécessaire par rapport
à la pression des familles afin que l'enterrement et l'expression du deuil
appartiennent vraiment au couple de parents ou du conjoint survivant et
qu'ils puissent être accompagnés dans leur démarche personnelle.
Nous avons abordé assez tardivement et avec une certaine difficulté la
question des représentations de la vie éternelle et de la résurrection.
Les musulmans semblent avoir moins de peine à exprimer une vision assez
nette de l'au-delà avec un paradis et un enfer où l'on se trouve dirigé
après le jugement dernier. Peu à peu chacun avoue que ce n'est pas si
évident. "C'est ce qu'on nous a appris." La question de la rétribution
nous a préoccupés : irons nous tous au paradis ? Comment un dieu de miséricorde
peut-il exclure ?
La vie éternelle, estiment certains, c'est être proche de Dieu, dans
sa lumière, avec ceux que nous avons aimés. L'enfer n'existerait pas,
seulement, si on a été éloigné de Dieu toute sa vie, ce sera plus difficile
de se rapprocher de lui après sa mort. Certains musulmans se retrouvent
dans cette conception qui rallie beaucoup de chrétiens. La lecture du
livre de Job dans la Bible nous rappelle cependant combien Dieu est déconcertant
dans ses réponses. Il n'est jamais dans le discours où l'on veut l'enfermer.
Nous avons reconnu qu'il nous manquait bon nombre de connaissances objectives,
de précisions en ce qui concerne les rites, les traditions et leur sens,
d'une part. D'autre part, nous avons ressenti des difficultés à déterminer
ce qui relève de l'essentiel et de l'accessoire dans les rites qui accompagnent
la mort et le deuil, sans doute parce que rites et traditions sont intimement
mêlés au sens que chaque culture et tradition religieuse donne à la mort.
DOCUMENT : LES RITES AUTOUR DE LA MORT DES CHRÉTIENS,
d'après l'encyclopédie THEO.
L'AU-DELÀ ET LA RÉSURRECTION
:
Jusqu'au deuxième siècle avant J.C, le Shéol
des juifs n'est pas très différent du séjour des morts de la mythologie
gréco-latine.
Avec les livres des Maccabées qui relatent la grande révolte des juifs
contre l'hellénisation qu'on voulait leur imposer, on voit l'Ancien Testament
accéder pleinement à la certitude de la résurrection des corps (2 M 7).On
la retrouve dans le livre de la Sagesse (34-5). Le Nouveau Testament l'affirme
avec force, la fondant sur la Résurrection de Jésus. Celui-ci, en triomphant
de la mort, en a délivré tous ceux dont il s'est fait solidaire par son
incarnation (Rm 6.6-11;8-11). Il est comme le premier de cordée qui, entré
dans la vie définitive, y entraîne tous les hommes.
Cette vie avec le Christ commence, chez le chrétien, dès la foi de son
baptême et se poursuit après la mort en attendant la résurrection finale.
Ce qui attend l'homme après la mort dépasse tout ce qu'il peut concevoir
ou imaginer. C'est un don de Dieu, un effet de son amour sans limites.
COMMENT L'ÉGLISE AIDE
LE CHRÉTIEN DEVANT LA MORT :
Pour l'église d'aujourd'hui, la mort d'un chrétien
c'est d'abord et avant tout le retour à son père de quelqu'un qui avait
la vie éternelle depuis qu'il avait connu le Christ.
Elle a repris l'antique usage de faire une onction d'huile sur les malades.
Le sacrement, appelé aux 19ème et 20ème siècles l'extrême onction,
est redevenu l'onction des malades, signifiant par là le soutien du Christ
durant leur maladie. Ce soutien signifié par le sacrement est souvent
apporté dans les hôpitaux par des groupes de chrétiens qui se mettent
à la disposition des malades pour les écouter, les aider et prier avec
eux.
Lorsque la mort approche, l'Église propose, si le malade est conscient,
de lui donner une dernière fois l'Eucharistie (en viatique, c'est à dire
pour le voyage), dernière rencontre sacramentelle avant la rencontre face
à face. C'est donc l'Eucharistie qui est, à proprement parlé, le sacrement
des mourants.
Après la mort, la prière de l'Église répond à un double souci: d'une
part aider celui qui parait devant Dieu, en sollicitant le pardon de ses
fautes, d'autre part encourager l'espérance de ses proches, en proclamant
la foi chrétienne dans la Résurrection. Cette foi, fondée sur l'enseignement
du Christ, "Je suis la Résurrection et la Vie" puise toute sa
force dans la Résurrection du Christ lui-même.
FUNÉRAILLES OU CÉLÉBRATION
DES OBSÈQUES :
L'Église demande de respecter les corps de ceux qui
sont morts car elle affirme que tout baptisé a en lui la vie même de Dieu,
que son corps est "temple" de l'Esprit-Saint. D'autre part,
la foi chrétienne a toujours affirmé que la mort du corps n'entraînerait
pas la destruction définitive de l'homme, mais que, depuis la résurrection
du Christ, la mort n'était que le passage de la vie sans fin avec Dieu;
et, dans l'espérance, elle attend la résurrection des corps.
En fait, tout le peuple de Dieu est concerné par les funérailles de l'un
de ses membres. Elles ont souvent lieu au cours d'une célébration eucharistique,
car il n'y a pas de prière mieux appropriée pour faire revivre le mystère
pascal, mystère de la mort et de la Résurrection. Toutefois, si le défunt
et sa famille se sont tenus assez loin de la pratique religieuse, une
cérémonie plus appropriée conviendra mieux afin que tous se sentent respectés
dans leur croyance et provoqués à faire un pas vers une plus grande compréhension
de la foi de l'église. Dans la mesure du possible, la famille est associée
à la préparation de la célébration et dans le choix des textes en particulier.
En l'absence de prêtre, un diacre ou un laïc peut présider la cérémonie.
Voici les étapes :
1) Veillée de prière où l'on se souvient de ce qu'a vécu le défunt et
de ce que le Seigneur a dit.
2) Fermeture du cercueil, arrachement mais espoir de se retrouver un jour.
3) Départ de la maison des hommes vers la maison de Dieu.
4) Rassemblement des proches et de la communauté chrétienne pour accueillir
la Parole et célébrer, éventuellement, l'Eucharistie.
5) Dernier adieu (geste d'encensement, et aspersion d'eau qui rappelle
l'eau du baptême, lien qui unit la communauté du défunt),où l'on confie
au Seigneur celui qui vient de disparaître dans l'espoir d'être à nouveau
ensemble un jour.
6) Dernier geste de respect au cimetière: la bénédiction de la tombe et
du corps. |