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Les participants saccordent sur les valeurs fondamentales de la
famille :
- la fidélité.
- la responsabilité.
- la solidarité.
La famille symbolise deux liens essentiels:
- le lien d'Alliance.
- le lien de Filiation.
Lalliance :
L'expérience de chacun montre qu'un couple islamo-chrétien
est sans nul doute générateur de dynamisme par les nombreuses
questions qu'il suscite. Il nous révèle l'un l'autre par
rapport à notre propre culture et notre propre religion avant même
de nous révéler la culture et la religion du conjoint.
L'entourage du couple doute toujours mais nous leur prouvons par la présence
de nos foyers que vivre en couple islamo-chrétien c'est possible.
Lorsqu'un tel couple se forme, rencontrer d'autres couples qui vivent
déjà cette expérience, les renforcent dans leur choix.
On se rend compte que l'on se pose souvent, peut-être, beaucoup
trop de question. Mais ceci dépend souvent de l'inquiétude
et des questions posées par l'entourage.
Il est souvent très difficile pour une jeune fille musulmane vis-à-vis
de son entourage d'épouser un chrétien. Cette union est
souvent interprétée par les parents comme une trahison.
Souvent des hommes musulmans eux-mêmes mariés à des
chrétiennes reprochent aux femmes musulmanes d'être mariées
avec des chrétiens. Quelques fois même, ce sont des femmes
musulmanes qui reprochent à ces femmes mariées à
des chrétiens de ne pas être de bonnes musulmanes. Cet exemple
a été vécu lors d'une rencontre islamo-chrétienne
!
La pression sociale est souvent très forte autour des couples islamo-chrétien
et quelques fois très lourde à supporter.
D'après les différentes expériences du groupe, même
s'il y a séparation quelques temps, les couples ne coupent jamais
totalement les liens avec leur famille.
D'ailleurs on a souvent remarqué que les parents, lorsqu'ils rencontrent
le ou la partenaire, l'acceptent souvent plus facilement que le couple
ne l'avait imaginé, et d'une façon générale,
avec le temps, ils apprennent à connaître le conjoint et
à l'apprécier. Ceci est souvent le cas lors de la venue
des enfants, qui est l'occasion de réconciliation lorsqu'il y a
eu des tensions entre le couple et les familles.
C'est pourquoi tous ont insisté sur l'importance des contacts avec
d'autres couples ou amis, car le danger pour nos couples notamment au
début est souvent l'isolement. C'est peut être moins vrai
pour les couples qui se forment aujourd'hui.
La rencontre de l'autre si elle est facteur de dynamisme, est aussi quelque
chose de très déstabilisant car elle nous fait perdre nos
repères ou tout au moins les remet en question.
De nombreuses questions se posent notamment avec la naissance des enfants.
La filiation :
On a remarqué qu'avant l'âge de douze ans ce sont les parents
qui se posent énormément de questions. Puis, ce sont les
enfants qui eux-mêmes posent leurs questions à partir de
douze ans.
La religion :
On essaie souvent de donner une éducation religieuse dans les deux
religions par respect des enfants, pense-t-on. Mais en réalité
ne s'agit-il pas là plutôt de respect de la conscience du
conjoint ? En effet si les parents étaient de la même confession
ils auraient très certainement "imposé" leur religion
sans avoir moins de respect pour leurs enfants pour cela.
La fille d'un des couples présents a dit à sa maman : "Maman,
ce sera très difficile de choisir".
Mais choisissent-ils vraiment?
Comme certains enfants l'ont dit à leurs parents, ils ne choisissent
pas car ils veulent pas faire de la peine à l'un ou à l'autre
des parents.
Par ailleurs, vers l'age de quatorze ans il y a souvent un rejet total
de la religion.
Finalement, les enfants des couples islamo-chrétiens semblent être
comme tous leurs petits camarades issus de couples d'une même confession,
ils semblent peu attirés par la religion.
Dans un même couple, les enfants peuvent être attirés
différemment vers l'une ou l'autre des deux religions.
Peut-être un enseignement rigoureux est-il nécessaire au
sein d'une structure adaptée.
L'éducation religieuse des enfants de couples islamo-chrétiens
semble avoir lieu dans la majorité des cas à la maison.
Certains ont fait lexpérience dune éducation
religieuse à travers des groupes de familles islamo-chrétienne.
Deux chemins se présentent aux parents:
- la personnalisation de la démarche de foi : enseigner les
deux religions.
- la commodité sociale : choisir la religion du pays où
l'on vie.
En pays musulmans, le problème se pose différemment car
la pression sociale est très importante. Par exemple être
une femme chrétienne en pays musulman est différent d'être
une femme musulmane en pays non musulman.
Il est important de souligner encore la nécessité du dialogue.
On va même plus loin que le dialogue, on va vers une imprégnation
l'un de l'autre. Il faut vaincre une certaine peur de la religion de l'autre,
une méconnaissance aussi de sa propre religion.
Ce que l'on semble rechercher tous ici, c'est faire partager à
nos enfants l'expression différente de nos fois.
La liberté de choix de l'enfant doit absolument être basée
sur une connaissance des deux religions et un respect mutuel des parents.
Il faut remarquer souvent également dans la psychologie de l'enfant
l'importance de l'identification aux parents. Il y a souvent une gêne
du conjoint vis-à-vis de son partenaire lorsque l'enfant est plus
attiré par une des deux religions.
Le fait que les enfants pour la plupart ne parlent pas l'arabe n'est-ce
pas l'explication du fait que les enfants puissent être attirés
par la religion chrétienne.
D'après l'expérience des couples présents, la langue
ne serait pas fondamentalement dans le choix des enfants. D'autant plus
que certains des conjoints musulmans du groupe n'ont pas l'arabe comme
langue maternelle.
Il reste cependant qu'il y a de grande difficultés en France pour
trouver une structure adaptée permettant aux enfants d'apprendre
la langue du conjoint musulman.
Pour d'autres, il semble que la langue soit quand même un obstacle
important. Pour être bilingue, les enfants ont besoin d'avoir deux
espaces :
- l'un pour l'arabe.
- l'autre pour le français.
Il y a une tendance en France à faire un premier apprentissage
du Coran en français et un approfondissement en arabe.
Le conjoint musulman qui vit en France subit déjà une grosse
perte de culture. Ne faut-il pas lui permettre d'élever ses enfants
dans la foi musulmane ? se demande un participant.
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