gfic Groupe des foyers
islamo-chrétiens
 
 
Recherche sur le site
Tous les mots
Un des mots
 
 
 
  Groupe des foyers islamo-chrétiens
Pentecôte 1994
La Famille pour les chrétiens et les musulmans
 
La Famille pour les chrétiens et les musulmans

Les participants s’accordent sur les valeurs fondamentales de la famille :

  • la fidélité.
  • la responsabilité.
  • la solidarité.

La famille symbolise deux liens essentiels:

  • le lien d'Alliance.
  • le lien de Filiation.

L’alliance :
L'expérience de chacun montre qu'un couple islamo-chrétien est sans nul doute générateur de dynamisme par les nombreuses questions qu'il suscite. Il nous révèle l'un l'autre par rapport à notre propre culture et notre propre religion avant même de nous révéler la culture et la religion du conjoint.
L'entourage du couple doute toujours mais nous leur prouvons par la présence de nos foyers que vivre en couple islamo-chrétien c'est possible.
Lorsqu'un tel couple se forme, rencontrer d'autres couples qui vivent déjà cette expérience, les renforcent dans leur choix.
On se rend compte que l'on se pose souvent, peut-être, beaucoup trop de question. Mais ceci dépend souvent de l'inquiétude et des questions posées par l'entourage.
Il est souvent très difficile pour une jeune fille musulmane vis-à-vis de son entourage d'épouser un chrétien. Cette union est souvent interprétée par les parents comme une trahison.
Souvent des hommes musulmans eux-mêmes mariés à des chrétiennes reprochent aux femmes musulmanes d'être mariées avec des chrétiens. Quelques fois même, ce sont des femmes musulmanes qui reprochent à ces femmes mariées à des chrétiens de ne pas être de bonnes musulmanes. Cet exemple a été vécu lors d'une rencontre islamo-chrétienne !
La pression sociale est souvent très forte autour des couples islamo-chrétien et quelques fois très lourde à supporter.
D'après les différentes expériences du groupe, même s'il y a séparation quelques temps, les couples ne coupent jamais totalement les liens avec leur famille.
D'ailleurs on a souvent remarqué que les parents, lorsqu'ils rencontrent le ou la partenaire, l'acceptent souvent plus facilement que le couple ne l'avait imaginé, et d'une façon générale, avec le temps, ils apprennent à connaître le conjoint et à l'apprécier. Ceci est souvent le cas lors de la venue des enfants, qui est l'occasion de réconciliation lorsqu'il y a eu des tensions entre le couple et les familles.
C'est pourquoi tous ont insisté sur l'importance des contacts avec d'autres couples ou amis, car le danger pour nos couples notamment au début est souvent l'isolement. C'est peut être moins vrai pour les couples qui se forment aujourd'hui.
La rencontre de l'autre si elle est facteur de dynamisme, est aussi quelque chose de très déstabilisant car elle nous fait perdre nos repères ou tout au moins les remet en question.
De nombreuses questions se posent notamment avec la naissance des enfants.


La filiation :
On a remarqué qu'avant l'âge de douze ans ce sont les parents qui se posent énormément de questions. Puis, ce sont les enfants qui eux-mêmes posent leurs questions à partir de douze ans.

La religion :
On essaie souvent de donner une éducation religieuse dans les deux religions par respect des enfants, pense-t-on. Mais en réalité ne s'agit-il pas là plutôt de respect de la conscience du conjoint ? En effet si les parents étaient de la même confession ils auraient très certainement "imposé" leur religion sans avoir moins de respect pour leurs enfants pour cela.
La fille d'un des couples présents a dit à sa maman : "Maman, ce sera très difficile de choisir".
Mais choisissent-ils vraiment?
Comme certains enfants l'ont dit à leurs parents, ils ne choisissent pas car ils veulent pas faire de la peine à l'un ou à l'autre des parents.
Par ailleurs, vers l'age de quatorze ans il y a souvent un rejet total de la religion.
Finalement, les enfants des couples islamo-chrétiens semblent être comme tous leurs petits camarades issus de couples d'une même confession, ils semblent peu attirés par la religion.
Dans un même couple, les enfants peuvent être attirés différemment vers l'une ou l'autre des deux religions.
Peut-être un enseignement rigoureux est-il nécessaire au sein d'une structure adaptée.
L'éducation religieuse des enfants de couples islamo-chrétiens semble avoir lieu dans la majorité des cas à la maison. Certains ont fait l’expérience d’une éducation religieuse à travers des groupes de familles islamo-chrétienne.


Deux chemins se présentent aux parents:

  • la personnalisation de la démarche de foi : enseigner les deux religions.
  • la commodité sociale : choisir la religion du pays où l'on vie.

En pays musulmans, le problème se pose différemment car la pression sociale est très importante. Par exemple être une femme chrétienne en pays musulman est différent d'être une femme musulmane en pays non musulman.
Il est important de souligner encore la nécessité du dialogue. On va même plus loin que le dialogue, on va vers une imprégnation l'un de l'autre. Il faut vaincre une certaine peur de la religion de l'autre, une méconnaissance aussi de sa propre religion.
Ce que l'on semble rechercher tous ici, c'est faire partager à nos enfants l'expression différente de nos fois.
La liberté de choix de l'enfant doit absolument être basée sur une connaissance des deux religions et un respect mutuel des parents.
Il faut remarquer souvent également dans la psychologie de l'enfant l'importance de l'identification aux parents. Il y a souvent une gêne du conjoint vis-à-vis de son partenaire lorsque l'enfant est plus attiré par une des deux religions.
Le fait que les enfants pour la plupart ne parlent pas l'arabe n'est-ce pas l'explication du fait que les enfants puissent être attirés par la religion chrétienne.
D'après l'expérience des couples présents, la langue ne serait pas fondamentalement dans le choix des enfants. D'autant plus que certains des conjoints musulmans du groupe n'ont pas l'arabe comme langue maternelle.
Il reste cependant qu'il y a de grande difficultés en France pour trouver une structure adaptée permettant aux enfants d'apprendre la langue du conjoint musulman.
Pour d'autres, il semble que la langue soit quand même un obstacle important. Pour être bilingue, les enfants ont besoin d'avoir deux espaces :

  • l'un pour l'arabe.
  • l'autre pour le français.

Il y a une tendance en France à faire un premier apprentissage du Coran en français et un approfondissement en arabe.
Le conjoint musulman qui vit en France subit déjà une grosse perte de culture. Ne faut-il pas lui permettre d'élever ses enfants dans la foi musulmane ? se demande un participant.

gfic 2008