Thème : Accueil
Rencontre enrichissante pour tout le monde : les « vieux » couples
rencontrent des gens nouveaux et pour les « jeunes » couples, cela
les aide de trouver des gens qui sont passés par là quelques
années plus tôt.
Thèmes principaux que l’on souhaiterait voir traités :
- préparation au mariage
- éducation religieuse des enfants
- relations avec la belle-famille (explication des rites de l’autre religion)
- retourner vivre au Maroc/en Mauritanie/au Sénégal
PREPARATION AU MARIAGE
·
Souvent un problème quand la femme est musulmane et le mari chrétien
car dans la tradition et l’orthodoxie musulmanes, c’est l’homme
qui transmet la religion.
·
L’homme peut se marier avec une Chrétienne ou une Juive
Attention : cela est surtout vrai pour l’Afrique du Nord, mais moins
pour l’Afrique noire : le tradition ne reflète pas l’orthodoxie
religieuse dans ces cas-là.
Bibliographie : Les nouveaux penseurs de l’Islam de Rachid Benzine +
Nous avons tant de choses à nous dire (du même auteur + Père
Delorme) + site pour faire évoluer relations islamo-chrétiennes
: études musulmanes.
·
Place du sacrement catholique dans un mariage mixte ?
Demande de dérogation spéciale de l’évêque
pour que le sacrement puisse être célébré avec un
non-chrétien et reconnu par l’église
Témoignage d’un couple : il y a eu une cérémonie
chrétienne à l’église avec moitié de Chrétiens
et moitié de Musulmans et une cérémonie musulmane à la
mosquée également avec les deux familles. Pour le mari musulman,
la période de préparation du mariage chrétien a été une
période de grand mûrissement personnel, car avec le prêtre,
ils ont évoqué tous les sujets possibles : éducation des
enfants, fruits d’un métissage. Le message était qu’il
ne peut y avoir nulle contrainte en religion, ce qui est un message identique à celui
transmis dans le Coran. A force de discussions donc, il n’y a plus de
méfiance envers la religion de l’autre : le couple mûrit
au cours de la vie.
·
définition du mariage :
- engagement à fond
- le fait d’officialiser quelque chose : afin d’éviter les
non-dits, plusieurs couples ont mis par écrit leur philosophie de vie
et l’ont lue sous forme de dialogue lors de la cérémonie
de mariage
·
un participant déclare être heureux et chanceux d’avoir épousé une
Chrétienne car cela lui a permis d’ouvrir les yeux et d’abandonner
ses préjugés.
·
Une autre participante évoque sa propre cérémonie de mariage
: lieu neutre + textes des 2 religions.
Question : est-il difficile pour un Musulman d’entrer dans une église
et l’inverse avec la mosquée pour les Chrétiens ? Il faut
bien faire la différence entre être présent dans un lieu
de culte et prier selon la religion de ce lieu. Cependant, une bonne communication
avec les familles est préférable : prévenir les personnes
avant et leur laisser le choix d’entrer dans le lieu de culte ou pas
mais toujours éviter de penser à la place des gens : ne pas faire
d’auto-censure en pensant anticiper les pensées de la famille
ou de la belle-famille ; en effet, on a parfois de (bonnes) surprises !
Cf Coran : « Si Dieu avait voulu faire de vous un seul peuple, il l’aurait
fait. »
PRESENTATION DES RITES AUX BELLES-FAMILLES
·
ne pas confondre fatiha (reconnaissance de la religion musulmane) et chahada
(profession de foi)
·
après 20 ans de mariage, une participante a vraiment l’impression
que son couple n’est plus constitué d’un Musulman et d’une
Chrétienne, mais de deux êtres.
Question : existe-t-il un risque de syncrétisme au bout d’un certain
temps ? Beaucoup de participants répondent non, mais avouent avoir une
meilleure connaissance et donc une meilleure acceptation de l’autre religion.
·
un couple parle de prières communes en + des prières rituelles
de chacun.
·
Noël ? le problème de la crèche a été résolu
par un couple : affichage d’un tableau en liège dans l’entrée
du logement avec des prières chrétiennes et musulmanes sur l’esprit
de lumière, Dieu comme guide + photos de lieux sacrés + lumières
·
Bilan : être très diplomate avec la famille/belle-famille ; bien
tenir compte de leur vécu pour avancer.
L’EDUCATION DES ENFANTS
·
beaucoup de couples choisissent d’élever les enfants dans la double
religion et que ceux-ci décident plus tard.
NB : projet départemental dans l’Essonne avec d’autres couples
mixtes : présentation à Dieu des enfants et suivi religieux :
qu’est-ce que la religion chrétienne et qu’est ce que l’Islam
?
·
Attention : la circoncision n’est pas un fait religieux mais un fait
culturel. Il s’agirait d’un héritage du passé qui
aurait correspondu à une épreuve initiatique.
Remarque : dans l’esprit des gens, la circoncision est un fait religieux.
De fait, cela ne devient-il pas un fait religieux ? La même question
se pose pour certains rites de l’Eglise.
La circoncision n’est donc pas l’équivalent d’un baptême
musulman.
Question : comment un enfant devient-il musulman alors ? Selon le droit marocain,
tous les enfants nés d’un père musulman sont automatiquement
musulmans. Dans le Coran, certains versets peuvent amener à une telle
interprétation et donc justifier l’élaboration des textes
juridiques idoines.
·
débat à propos de la circoncision : peut-on être musulman
sans être circoncis ? Dans la mesure où la circoncision n’est
pas un acte religieux, on serait tenté de répondre oui, mais
la plupart des musulmans du groupe évoquent le rôle joué par
les traditions, par le contexte du pays d’origine et/ou du pays dans
lequel vont grandir les petits garçons.
Cas de conscience pour certains : en tant que parents, peut-on toucher à l’intégrité du
corps de l’enfant ? Ce qui peut jouer dans un sens comme dans l’autre
: entendre des témoignages positifs ou négatifs de parents et/ou
d’enfants sur cette expérience.
Dans le groupe, on trouve un peu toutes les opinions à ce sujet.
·
Attention : bien informer la famille et la belle famille : choisir la circoncision
de l’enfant ne signifie pas que celui-ci devient musulman par ce geste.
L’expliquer comme un acte culturel et non religieux.
·
Autre question : quelle(s) justification(s) donner à l’enfant
en cas de circoncision ? et à la famille musulmane en cas de non-circoncison
? Il faut se préparer à avoir des réponses valables pour
explique notre choix, quel qu’il soit.
·
Le baptême par contre est un engagement religieux. On trouve 4 cas de
figure :
- circoncis et baptisé
- circoncis et non-baptisé
- non-circoncis et baptisé
- non-circoncis et non-baptisé
Certains couples font le choix d’une présentation mixte à Dieu
·
Question : n’est-ce pas trop demander à l’enfant de choisir
sa religion plus tard ? (choisir entre père et mère ?)
- donner toutes les infos, mais l’important n’est pas de choisir
telle ou telle religion mais de transmettre la connaissance en Dieu à l’enfant.
- Le laisser choisir est ce une question de respect de l’enfant ? en
fait : pas du tout : c’est plutôt respecter la religion du conjoint
et se décharger de cette responsabilité sur les épaules
de l’enfant.
- Remarque : ici, on mélange 2 choses : la culture religieuse et la
foi.
·
Interdits alimentaires : la question du porc a entraîné un débat
houleux. Peut-on être musulman et manger du porc ? Pour certains, c’est
totalement impossible. Pour d’autres, c’est un détail.
·
Transmission des valeurs :
Le problème, ce n’est pas pour le conjoint musulman de voir ses
enfants devenir chrétiens ou l’inverse, mais de les voir évoluer
dans un monde matérialiste, athée où la spiritualité est
relativement absente. Les élever en leur donnant « seulement » des
valeurs humanistes, c’est déjà bien, mais ce ne serait
pas plus que les autres couples. En tant que couples mixtes, nous avons aussi
une autre dimension – spirituelle – à transmettre. Au minimum
: marquer les différentes fêtes religieuses des 2 côtés,
montrer aux enfants que le temps n’est pas qu’un temps matériel,
commercial, athée, mais que c’est également un temps enraciné,
le temps a du sens pour nous : le temps de Dieu !
Thème : La transmission de la foi. Que tenons nous à transmettre
de nos fois respectives ? Comment gérer les contradictions ?
· Craintes et questions
La principale inquiétude exprimée par rapport à la transmission
de la foi est que les enfants ne choisissent pas ou soient embrouillés.
Comment les aider à choisir ?
Dans quelle mesure notre choix de nous engager dans une union mixte ne fragilise
t-elle pas l’éducation religieuse ? A-t-on une responsabilité si
l’enfant ne choisit pas ?
Comment accepter si l’enfant choisit la religion du conjoint ?
Comment fêter les fêtes ? Est-ce qu’il faut les fêter
toutes ? Faire des parallèles entre les fêtes des deux religions
?
Quelles valeurs communes voulons nous transmettre ?
Comment parler de la religion chrétienne à l’enfant dans
le respect de la foi du conjoint?
Crainte de chacun, chrétien ou musulman que des facteurs amène
l’enfant à se tourner plus vers telle ou telle religion (caractère
plus simple du « dogme » musulman, société française
encore marquée par la religion chrétienne, enfant circoncis,
société musulmane dans le cas où le couple retourne au
pays etc.).
· Quelques réflexions….
- Ne par embrouiller l’enfant : Il faut tout transmettre sans chercher
de compromis ; pour l’enfant, tout vient naturellement, il perçoit
très tôt les différences et les intègre sans traumatisme.
Choisir les formulations. Dans certaines familles, le conjoint chrétien
parle de Jésus comme Verbe de Dieu plutôt que comme Fils de Dieu,
ce qui est plus en accord avec la formulation du Coran.
Il est dit dans le Coran que Dieu a fait les différences pour que l’on
se surpasse dans les bonnes actions. Les couples mixtes doivent être
des témoins de ce verset coranique.
Dans l’Islam aussi Dieu est un Dieu amour et l’amour du prochain
est étroitement lié à l’amour de Dieu même
si cela est exprimé de façon plus discrète : « Dieu
est plus proche de vous que votre veine jugulaire » (Coran) ou bien « Vous
ne serez croyants que si vous vous aimez » (hadith).
Quel est le principal de la foi que l’on désire transmettre ?
Il faut se mettre au clair avant d’inventer les modalités. Par
exemple, dans le christianisme l’acte fondateur et donc la base à transmettre
peut être pour certains l’eucharistie et le Notre Père.
- Aider l’enfant à choisir : des enfants ont dit lors d’une
rencontre de Pentecôte qu’il était trop difficile de choisir.
Le risque est de faire une synthèse des deux religions. Les enfants
ne peuvent choisir que ce qu’ils connaissent c'est-à-dire ce qui
est vécu dans la famille.
- Transmettre des valeurs : si l’enfant vit dans un foyer accueillant
ou on rend service les valeurs s’acquérront d’elles même.
Le « mythe fondateur » du couple mixte est le respect de l’autre,
l’acceptation de la différence, une affirmation très grande
dans l’unité humaine ; c’est ce « mythe fondateur » qu’il
doit recréer que le couple va transmettre à ses enfants.
Si les non croyants transmettent aussi des valeurs au nom de l’homme
et de sa dignité, les croyants, eux, les transmettent au nom de Dieu
qui les guide dans l’amour qu’ils ont l’un pour l’autre
et donne une tout autre dimension. Dieu fait partie du « mythe fondateur »,
il en est même la racine.
- Fêtes : A chaque fête on explique simplement ce qu’elle
signifie. Lors de Noël, les enfants sont plus portés par une société de
culture chrétienne qui va à contre courant de son parent musulman
d’où l’importance d’adopter des stratégies
qui feront vivre les fêtes et leur donneront un sens en France. Fêter
l’Aïd de façon particulière, par exemple, en confectionnant
des gâteaux qui seront portés aux voisins ou la famille. Il est
aussi important d’essayer de passer les fêtes musulmanes au pays.
- Témoignage : Les parents sont un modèle et ont une responsabilité de
témoignage. D’où l’importance qu’il y ait un équilibre
dans la pratique des parents au quotidien. De la même manière,
ils se doivent de se former car la connaissance de leur propre religion est
fondamentale dans la transmission : « On ne peut donner ce dont ont est
dépourvu » dit un proverbe. C’est une chance pour l’enfant
de naître dans une famille ou les deux parents sont forts spirituellement,
engagés dans leur religion et où il trouvera des repères.
La religion musulmane se transmet par la parole et par les actes, par un bain
dans lequel l’enfant baigne dès tout petit. Dans une famille mixte,
ce bain n’existe plus ce qui est ressenti comme une frustration pour
les musulmans. Cependant les prières, les actes quotidiens, les fêtes
sont autant de témoignages.
- Les interdits musulmans: il est important de les transmettre sans culpabilité en
montrant les choses du côté positif : « il est bon que… » et
en expliquant les interdits. Autrement, le risque est grand que les enfants
entrent en réaction.
- Baptême et circoncision : plusieurs couples ont choisi de faire une
présentation à Dieu plutôt qu’un baptême afin
de ne pas imposer la religion chrétienne. Le baptême des bébés
est relativement récent (Moyen Age) ; avant, il y avait la catéchèse
puis le baptême comme aboutissement d’un cheminement. La circoncision,
présentée comme un acte culturel et non religieux est souvent
acceptée par la partie chrétienne.
Mais dans quelle mesure la circoncision vue par beaucoup de musulmans comme
une marque forte de l’appartenance à l’Islam ne biaise-t-elle
pas dès le départ le choix de l’enfant ?
- Catéchisme ? On ne sait pas ce qui est dit à l’enfant
ni l’influence que l’on peut essayer d’exercer sur lui. Cependant,
il n’est pas bon que la transmission passe uniquement par les parents.
Il s’agit de trouver des sources extérieures : parrains/marraines
spirituels ? GFIC ?
- La prière : l’Islam est plus individuel que le christianisme
plus communautaire (partage du pain et du vin). Dans la prière, il en
est de même : il n’y a pas de prière en famille et le musulman
aura moins besoin de partager ce moment.
Ne jamais dire à un enfant : « vient prier avec moi ».
- Accepter que l’enfant choisissent la religion du conjoint : Pour un
homme musulman il peut paraître difficile voire impossible que son enfant
ne soit pas musulman car il aurait le sentiment de transmettre quelque chose
qui ne serait pas la Vérité. Cependant, on ne peut transmettre
ensemble si chacun est convaincu d’avoir la Vérité. Les
parents ont à cheminer pour évoluer et comprendre que la Vérité est
en Dieu et non sur terre ; elle sera connue à la fin des Temps lorsque
Dieu nous éclairera.
C’est en approfondissant sa foi que l’on en arrive à ne
plus être dérangé que les enfants ne choisissent pas sa
religion.
Celui qui vit profondément sa religion, vit toutes les religions : en
vivant à fond sa foi, on s’y retrouve toujours.
·
3 témoignages de couples ayant des enfants arrivés à l’âge
adulte :
Une famille avec deux garçons et une fille qui se disent croyants mais
non engagés dans une pratique religieuse.
Les deux garçons ont épousé des femmes françaises.
Les petits enfants ont été baptisés et devraient être
catéchisés.
La fille a fait du scoutisme catholique et la mère a le sentiment que
si elle n’a pas demandé le baptême c’est pour ne pas
faire de mal à son père.
Chaque dimanche soir un temps de prière était pris en famille
: lecture d’un texte de la Bible ou du Coran avec réflexion et échanges,
Notre Père et Fatiha pour clore le temps spirituel.
Il y a de l’alcool à la maison mais plus par soucis d’accueillir
les hôtes que pour une consommation personnelle.
Une famille avec deux filles ayant choisi la religion musulmane
Il y avait une présence plus régulière de l’Islam à la
maison et les enfants n’ont senti aucune tension car il n’y avait
aucune concurrence entre les parents. Tout était transmis devant le
conjoint (crèche, abonnement à Pomme d’Api, sacrifice du
mouton) de façon naturelle.
Il n’y a jamais eu de prière institutionnelle mais les filles
pouvaient voir leur père prier. Cependant, cela n’empêchait
pas une prière commune dans des moments très particuliers (décès…).
L’appartenance au scoutisme musulman a été déterminante
dans le choix des deux filles à travers la vie en communauté et
une transmission de la foi plus ouverte qu’une école coranique.
Le choix s’est fait petit à petit au fur et à mesure des
camps.
Depuis qu’elles ont choisi, les filles sont plus attentives à leur
mère en tant que chrétienne. Celle ci a très bien accepté leur
choix car il était très important pour elle que ses enfants choisissent
; elles ont une bonne connaissance de la religion chrétienne et cela
leur donne un éclairage dans leur vie spirituelle.
Les parents ont fait beaucoup de recherches personnelles sur leur religion
et sur la religion du conjoint.
Il n’y a ni porc, ni alcool à la maison
Une famille avec deux enfants ayant choisi le baptême
Une présentation à Dieu a été faite lorsque les
enfants étaient petits ; elle a été vécue comme
un soutien spirituel d’une communauté afin de marquer la volonté de
mettre les enfants sur le chemin de Dieu plus que comme un premier pas vers
le baptême.
Vers 11 ans, l’ aîné a demandé le baptême et
a commencé le catéchisme. Puis sa sœur l’a demandé à son
tour. Dans la cité un prêtre ouvrier avait organisé un
petit groupe de réflexion avec les enfants pour les aider à réfléchir
sur ce qu’ils vivaient.
Thème : En quoi les couples islamo-chrétiens sont-ils des ponts
dans une société crispée sur les questions identitaires
?
· Constat : on ne peut pas faire comme si nos familles étaient
monoculturelles, dans un contexte de tentions où la société occidentale
et les musulmans ont tendance à se crisper sur leur identité.
Comment assurer des passerelles entre des mondes qui se confrontent ?
· 3 niveaux de ponts :
- Le couple : dialogues et compromis de tous les jours tout en sachant garder
l’essentiel des ses mythes fondateurs sans charger la barque.
- Le témoignage au quotidien : cette vie de couple sera un témoignage
vis-à-vis de notre entourage, collègues, amis, parents, un fil
d’individu à individu. C’est modeste mais c’est très
important. Les enfants incarnent qu’ils le veuillent ou non cette passerelle
de fait. Même si l’enfant a, par exemple, fait le choix d’être
baptisé, il pourra expliquer les fondements et choses essentielles de
l’Islam aux autres chrétiens ; il a un rôle à jouer à ce
niveau là.
- Une démarche publique : c’est une démarche consciente
et très volontariste, une responsabilité et une exigence particulière
de nos couples qui ont déjà fait cette expérience de confluence
entre deux univers. Ainsi, par exemple, ils ont dû chercher à comprendre à quoi
correspondait la circoncision, quelle est la signification profonde des principes
de l’autre religion.
Tous les couples n’y sont pas prêts, par tempérament, manque
de conviction ou lassitude.
Pour pouvoir témoigner de façon publique, pour être réellement
des ponts, les couples doivent avoir construit des fondements solides, avoir
effectué un travail qui permet aux conjoints d’être d’accord
sur ce qui est essentiel dans les convictions de chacun.
Couples mixtes, nous sommes de petits acteurs de cette confrontation, de ce
dialogue, autrement dit de cette rencontre.
Cette responsabilité nécessite d’être des pédagogues,
des interprètes pour expliquer des attitudes, des comportements propres à chaque
religion et chaque culture, et bousculer les clichés. Cela n’est
pas facile ; les couples se heurtent à l’incompréhension
soit en France, soit dans leur pays d’origine.
· Est-ce que nous témoignons suffisamment
?
Il est important d’accepter de rencontrer les médias.
Quand deux univers se rencontrent, il y a toujours une confrontation qui est à la
fois déflagration et dialogue. Tout le problème de la civilisation
est d’apaiser la confrontation violente et de favoriser la confrontation
dialogue.