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Mariage religieux : textes chrétiens et musulmans
par : René
 
Voici quelques textes de référence sur cette question parfois épineuse... Quant à leurs diverses interprétations, c'est un sujet bien trop vaste pour être abordé ici : il suffit de voir les divergences des diverses églises chrétiennes ou écoles juridiques musulmanes pour s'en convaincre !
 

I. Christianisme
   Voici ce que l'on lit du couple originel dans le premier livre de la Bible :

Gensèse 2 : 18 Le SEIGNEUR Dieu dit : " Il n'est pas bon pour l'homme d'être seul. Je veux lui faire une aide qui lui soit accordée" (...) 21 Le SEIGNEUR Dieu fit tomber dans une torpeur l'homme qui s'endormit ; Il prit l'une de ses côtes et referma les chairs à sa place 22 Le SEIGNEUR Dieu transforma la côte qu'Il avait prise à l'homme en une femme qu'Il lui amena.

23 L'homme s'écria : "Voici cette fois l'os de mes os et la chair de ma chair, celle-ci, on l'appellera femme (icha) car c'est de l'homme (ich) qu'elle a été prise" 24 Aussi l'homme laisse-t-il son père et sa mère pour s'attacher à sa femme, et ils deviennent une seule chair

   Les Evangiles nous montrent Jésus se réfèrant à ce texte :

Marc 10 : 2 Des Pharisiens s'avancèrent et, pour lui tendre un piège, ils lui demandaient s'il est permis à un homme de répudier sa femme.
   3 Il leur répondit : "Qu'est-ce que Moïse vous a prescrit ?"
   4 Ils dirent : "Moïse a permis d'écrire un certificat de répudiation et de renvoyer sa femme"
   5 Jésus leur dit : "C'est à cause de la dureté de votre coeur qu'il a écrit pour vous ce commandement. 6 Mais au commencement du monde, Dieu les fit mâle et femelle ; 7 c'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère et s'attachera à sa femme, 8 et les deux ne feront qu'une seule chair. Ainsi, ils ne sont plus deux, mais une seule chair. 9 Que l'homme donc ne sépare pas ce que Dieu a uni"

   10 A la maison, les disciples l'interrogeaient de nouveau sur ce sujet. 11 Il leur dit : "Si quelqu'un répudie sa femme et en épouse une autre, il est adultère à l'égard de la première ; 12 et si la femme répudie son mari et en épouse un autre, elle est adultère"

   C'est aussi à ce texte que se réfère l'apôtre Paul dans le développement suivant. Le propos, daté, prône certes un rapport inégalitaire entre époux et épouse, mais il donne aussi et surtout une forte dimension religieuse au mariage, dimension qui est toujours d'actualité  :

Lettre de Paul aux Ephésiens 5 : 25 Maris, aimez vos femmes comme le Christ a aimé l'Église et s'est livré lui-même pour elle ; 26 il a voulu ainsi la rendre sainte en la purifiant avec l'eau qui lave, et cela par la Parole ; 27 il a voulu se la présenter à lui-même splendide, sans tache ni ride, ni aucun défaut ; il a voulu son Église sainte et irréprochable.

28 C'est ainsi que le mari doit aimer sa femme, comme son propre corps. Celui qui aime sa femme, s'aime lui-même. 29 Jamais personne n'a pris sa propre chair en aversion ; au contraire, on la nourrit, on l'entoure d'attention comme le Christ fait pour son Église ; 30 ne sommes-nous pas les membres de son corps ? 31 C'est pourquoi l'homme quittera son père et sa mère, il s'attachera à sa femme, et tous deux ne seront qu'une seule chair. 32 Ce mystère est grand : moi, je déclare qu'il concerne le Christ et l'Église.

   C'est d'ailleurs chez ce même Paul, soucieux d'organiser les communautés chrétiennes naissantes, que l'on trouve le plus de textes relatifs au mariage. En voici un exemple :

Première Lettre de Paul aux Corinthiens 7 : 3 Que le mari remplisse ses devoirs envers sa femme, et que la femme fasse de même envers son mari. 4 Ce n'est pas la femme qui dispose de son corps, c'est son mari. De même ce n'est pas le mari qui dispose de son corps, c'est sa femme. 5 Ne vous refusez pas l'un à l'autre, sauf d'un commun accord et temporairement, afin de vous consacrer à la prière ; puis retournez ensemble, de peur que votre incapacité à vous maîtriser ne donne à Satan l'occasion de vous tenter. 6 En parlant ainsi, je vous fais une concession, je ne vous donne pas d'ordre (...)

10 A ceux qui sont mariés j'ordonne, non pas moi, mais le Seigneur : que la femme ne se sépare pas de son mari 11 -si elle en est séparée, qu'elle ne se remarie pas ou qu'elle se réconcilie avec son mari- et que le mari ne répudie pas sa femme 12 Aux autres je dis, c'est moi qui parle et non le Seigneur : si un frère a une femme non croyante et qu'elle consente à vivre avec lui, qu'il ne la répudie pas 13 Et si une femme a un mari non croyant et qu'il consente à vivre avec elle, qu'elle ne le répudie pas 14 Car le mari non croyant est sanctifié par sa femme, et la femme non croyante est sanctifiée par son mari. S'il en était autrement, vos enfants seraient impurs, alors qu'ils sont saints.

   Mais revenons à la dimension sacrée donnée par Paul au mariage. Elle n'est pas nouvelle ; dans le judaïsme, Dieu est "l'Epoux" et Israël "l'Epouse", comme l'a vécu de manière si particulière le prophète Osée :

Osée 3 : Le SEIGNEUR me dit : "Va encore, aime une femme aimée par un autre et se livrant à l'adultère : Car tel est l'amour du SEIGNEUR pour les fils d'Israël, tandis qu'ils se tournent, eux, vers d'autres dieux et qu'ils aiment les gâteaux de raisin"

   Cette dimension religieuse est présente jusqu'au dernier livre de la Bible chrétienne ; nous terminerons donc cette partie en en donnant un exemple :

Apocalypse de Jean 21 : Et la cité sainte, la Jérusalem nouvelle, je la vis qui descendait du ciel, d'auprès de Dieu, comme une épouse qui s'est parée pour son époux

II. Islam
   Nous retrouvons dans le Coran l'idée du couple originel :

Sourate 4. An Nisâ' : Au nom de Dieu, le Tout Miséricordieux, le Très Miséricordieux 1 Ô hommes ! Craignez votre Seigneur qui vous a créés d'un seul être, et a créé de celui-ci son épouse, et qui de ces deux là a fait répandre (sur la terre) beaucoup d'hommes et de femmes. Craignez Dieu au nom duquel vous vous implorez les uns les autres, et craignez de rompre les liens du sang. Certes Dieu vous observe parfaitement.

   Le Coran, évocant la Création, insiste beaucoup sur cette idée de couple :

Sourate 51. Ad Dariyat : 49 Et de toute chose Nous avons créé (deux éléments) de couple. Peut-être vous rappellerez-vous ?

   La polygamie est évoquée comme une tolérance :

Sourate 4. An Nisâ' : 3 ...Il est permis d'épouser deux, trois ou quatre, parmi les femmes qui vous plaisent, mais, si vous craignez de n'être pas justes avec celles-ci, alors une seule, ou des esclaves que vous possédez. Cela, afin de ne pas faire d'injustice (...) 129 Vous ne pourrez jamais être équitables entre vos femmes, même si vous en êtes soucieux...

   L'amour entre époux est présenté comme l'un des Signes de Dieu :

Sourate 30. Ar Rum : 21 Et parmi Ses signes Il a créé de vous, pour vous, des épouses pour que vous viviez en tranquillité avec elles et Il a mis entre vous de l'affection et de la bonté. Il y a en celà des preuves pour des gens qui réfléchissent.

   La sourate IV contient un certain nombre de renseignement quant au mariage :

Sourate 4. An Nisâ' : 4 Et donnez aux épouses leur mahr, de bonne grâce. Si de bon gré, elles vous en abandonnent quelque chose, disposez-en alors à votre aise et de bon coeur (...) 20 Si vous voulez substituer une épouse à une autre, et que vous ayez donné à l'une un qintâr, n'en reprenez rien. Quoi ! Le reprendriez-vous par injustice et péché manifeste ? 21 Comment oseriez-vous le reprendre, après que l'union la plus intime vous ait associés l'un à l'autre et qu'elles aient obtenu de vous un engagement solennel ?

22 Et n'épousez pas les femmes que vos pères ont épousées, exception faite pour le passé. C'est une turpitude, une abomination, et quelle mauvaise conduite ! 23 Vous sont interdites vos mères, filles, soeurs, tantes paternelles et tantes maternelles filles d'un frère et filles d'une soeur, mères qui vous ont allaités, soeurs de lait, mères de vos femmes, belles-filles sous votre tutelle et issues des femmes avec qui vous avez consommé le mariage; si le mariage n'a pas été consommé, ceci n'est pas un péché de votre part; les femmes de vos fils nés de vos reins; de même que deux soeurs réunies -exception faite pour le passé. Car vraiment Dieu est Pardonneur et Miséricordieux ; 24 et, parmi les femmes, les épouses, sauf si elles sont vos esclaves en toute propriété. Prescription de Dieu sur vous !

A part cela, il vous est permis de les rechercher, en vous servant de vos biens et en concluant mariage, non en débauchés. Puis, de même que vous jouissez d'elles, donnez-leur leur mahr, comme une chose due. Il n'y a aucun péché, contre vous à ce que vous concluiez un accord quelconque entre vous après la fixation du mahr. Car Dieu est, certes, Omniscient et Sage.

25 Et quiconque parmi vous n'a pas les moyens pour épouser des femmes libres croyantes, eh bien une femme parmi celles de vos esclaves croyantes. Dieu connaît mieux votre foi, car vous êtes les uns des autres (de la même religion). Et épousez-les avec l'autorisation de leurs Walî et donnez-leur un mahr convenable ; (épousez-les) étant vertueuses et non pas livrées à la débauche ni ayant des amants clandestins. Si, une fois engagées dans le mariage, elles commettent l'adultère, elles reçoivent la moitié du châtiment qui revient aux femmes libres mariées. Ceci est autorisé à celui d'entre vous qui craint la débauche ; mais ce serait mieux pour vous d'être endurant. Et Dieu est Pardonneur et Miséricordieux

   Nous constatons que la disposition légale qui revient à plusieurs reprises est le mahr, propriété de l'épouse qu'elle peut choisir de mettre à la disposition de son mari (verset 4) ; voici d'ailleurs un hadith (tradition du Prophète de l'Islam) indiquant son montant minimum :

Le mahr minima que l'époux donne à l'occasion de son mariage est une bague en fer (Bokhari)

   En dehors de ce point, le Coran semble davantage traiter de la répudiation (II, 226-237 ; XXXIII, 49 ; LXV, 1-7 ; etc.) après tentatives de conciliation (IV, 35 et 128) que des règles du mariage lui-même. Aussi est-ce par exemple du commentaire du verset suivant qu'est déduite la nécessité du consentement mutuel :

Sourate 2. Al Baqara : 232 Et quand vous divorcez d'avec vos épouses, et que leur délai expire, alors ne les empêchez pas de renouer avec leurs époux, s'ils s'agréent l'un l'autre, et conformément à la bienséance. Voilà à quoi est exhorté celui d'entre vous qui croit en Dieu et au Jour dernier. Ceci est plus décent et plus pur pour vous. Et Dieu sait, alors que vous ne savez pas

   Reste la question du mariage avec mixité religieuse. Un premier verset interdit d'épouser un(e) associateur(trice) :

Sourate 2. Al Baqara : 221 Et n'épousez pas les femmes associatrices tant qu'elles n'auront pas la foi, et certes, une esclave croyante vaut mieux qu'une associatrice même si elle vous enchante. Et ne donnez pas d'épouses aux associateurs tant qu'ils n'auront pas la foi, et certes, un esclave croyant vaut mieux qu'un associateur même s'il vous enchante. Car ceux-là invitent au Feu ; tandis que Dieu invite, de par Sa Grâce, au Paradis et au pardon. Et Il expose aux gens Ses enseignements afin qu'ils se souviennent !

   Un autre verset semble reprendre la même idée avec un vocabulaire différent :

Sourate 60. Al Mumtahanah : 10 Ô vous qui avez cru ! Quand les croyantes viennent à vous en émigrées, éprouvez-les ; Dieu connaît mieux leur foi ; si vous constatez qu'elles sont croyantes, ne les renvoyez pas aux mécréants. Elles ne sont pas licites pour eux, et eux non plus ne sont pas licites pour elles. Et rendez-leur ce qu'ils ont dépensé. Il ne vous sera fait aucun grief en vous mariant avec elles quand vous leur aurez donné leur mahr.

Et ne gardez pas de liens conjugaux avec les mécréantes. Réclamez ce que vous avez dépensé et que (les mécréants) aussi réclament ce qu'ils ont dépensé. Tel est le jugement de Dieu par lequel Il juge entre vous, et Dieu est Omniscient et Sage

   Voici un dernier passage, où les permissions accordées sont encadrées par la même idée : ne pas se détourner de l'Islam. Les hommes, à la mort du Prophètes de l'Islam, semblent alors être les seuls à pouvoir remplir cette condition :

Sourate 5. Al Mâ'ida : 3 ...Aujourd'hui, les mécréants désespèrent de vous détourner de votre religion : ne les craignez donc pas et craignez-Moi. Aujourd'hui, J'ai parachevé pour vous votre religion, et accompli sur vous Mon bienfait. Et J'agrée l'Islam comme religion pour vous (...)

5 Vous sont permises, aujourd'hui, les bonnes nourritures. Vous est permise la nourriture des gens du Livre, et votre propre nourriture leur est permise, les femmes vertueuses d'entre les croyantes, et les femmes vertueuses d'entre les gens qui ont reçu le Livre avant vous, si vous leur donnez leur mahr, avec contrat de mariage, non en débauchés ni en preneurs d'amantes.

Et quiconque abjure la foi, alors vaine devient son action, et il sera dans l'au-delà, du nombre des perdants

   Notons qu'est cité ici le contrat de mariage, ce qui implique la présence de témoins, si l'on se place dans la logique des versets suivants :

Sourate 2. Al Baqara : Ô les croyants ! Quand vous contractez une dette à échéance déterminée, mettez-la en écrit ; et qu'un scribe l'écrive, entre vous, en toute justice ; un scribe n'a pas à refuser d'écrire selon ce que Dieu lui a enseigné ; qu'il écrive donc, et que dicte le débiteur : qu'il craigne Dieu son Seigneur, et se garde d'en rien diminuer. Si le débiteur est gaspilleur ou faible, ou incapable de dicter lui-même, que son représentant dicte alors en toute justice.

Faites-en témoigner par deux témoins d'entre vos hommes ; et à défaut de deux hommes, un homme et deux femmes d'entre ceux que vous agréez comme témoins, en sorte que si l'une d'elles s'égare, l'autre puisse lui rappeler. Et que les témoins ne refusent pas quand ils sont appelés.

Ne vous lassez pas d'écrire la dette, ainsi que son terme, qu'elle soit petite ou grande : c'est plus équitable auprès de Dieu, et plus droit pour le témoignage, et plus susceptible d'écarter les doutes. Mais s'il s'agit d'une marchandise présente que vous négociez entre vous : dans ce cas, il n'y a pas de péché à ne pas l'écrire.

Mais prenez des témoins lorsque vous faites une transaction entre vous ; et qu'on ne fasse aucun tort à aucun scribe ni à aucun témoin. Si vous le faisiez, cela serait une perversité en vous. Et craignez Dieu. Alors Dieu vous enseigne et Dieu est Omniscient

Sourate 5. Al Mâ'ida : Ô les croyants ! Quand la mort se présente à l'un de vous, le testament sera attesté par deux hommes intègres d'entre vous, ou deux autres, non des vôtres, si vous êtes en voyage dans le monde et que la mort vous frappe.

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